jeudi 25 mars 2010

Le baiser de la lune en 2070

LE BAISER DE LA LUNE EN 2070

Une absurdité prophétique de Paracelse


En 2030, suite aux deux terribles guerres mondiales des différents blocs continentaux, les survivants formèrent un pacte de non-agression et créèrent la Confédération Planétaire de l’Ultralibéralosocialisme Écarlate. Ils prirent pour dieu : « Trotsmith ».
Sous cette nouvelle ère, l’éducation des enfants est totalement soumise au joug du ministère du contrôle du savoir, bâti sur des connaissances confuses de l’Ancien Monde. Un cours d’éducation sexuelle tolérant est dispensé dès l'entrée en classe de CE1 et constitue l’essentiel du programme annuel.


— Bon, les enfants, on se calme.
Le silence retomba dans la salle de classe.
— Aujourd’hui, nous allons aborder un nouveau sujet un peu délicat, souhaité par le ministre de l’Éducation nationale, Madame Christiane Girard. Alors, je vous demanderai d’ouvrir grand vos orifi… euh… oreilles.
— Quelqu’un parmi vous connait-il le sens du mot « homosexualité » ?
— Moi, monsieur !
— Très bien, Nordine, nous t’écoutons.
Nordine se leva timidement et fouina quelques secondes dans sa mémoire.
— Ah, voilà ! Mon tuteur m’a dit que l’ « omoxsualité »
— Homosexualité, Nordine !
— Oui… que l’omo… sec… sualité était quand une… euh… tarlouze élargissait le trou de balle d’une pédale ! Je n’ai jamais su ce que ça voulez dire, monsieur, mais mon tuteur m’a toujours appris que je devais m’en souvenir toute ma vie et faire attention aux omo… sec… sualités. Il m’a parlé de phoques aussi, monsieur. J’ai bon, monsieur ?
Les autres enfants n’avaient pas du tout saisi le sens de ces explications obscures, alors que l’instituteur était choqué des propos infâmes du petit Nordine.
— Non, Nordine, ton tuteur raconte n’importe quoi ! Je vais devoir le convoquer d’urgence et je t’ordonne d’oublier ses saletés tout de suite !
— Bien, monsieur…
— Et arrête de m’appeler Monsieur ! Je t’ai déjà expliqué plusieurs fois de m’appeler Gérard !
— Oui, Gérard…
— Bien… Alors écoutez attentivement les enfants, car c’est d’une importance capitale pour vos équilibres psychologiques et émotionnels.
— OUI, GERARD ! répondit en chœur l’ensemble de la classe.


— L’homosexualité est un vaste, très vaste, très très vaste sujet. Dans les siècles obscurs et archaïques de notre beau pays la… euh… euh…, merde euh putain… oh, pardon les enfants, je veux dire zut, l’instituteur ne se rappelait plus le nom de son pays, nom chargé des insanités de son histoire, euh… AAAHHH… je l’ai su autrefois…
— La France, Gérard ? Proposa la petite Lindsay.
— Euh… oui, c’est ça ! Merci, Lindsay !
— Donc la Frange, dans des temps d’une barbarie sans nom…
— C’était l’époque des cisteras et antisémites blancs et arabes, Gérard ?
— Euh… c’est quoi un arabe ? dit Nordine.
— Pas tous en même temps, Nordine. C’est exactement ça, Moshe ! Et aussi des homophobes. C'est-à-dire qu’ils détestaient les homosexuels.
— Ils étaient tous méchants, Gérard ? lui demanda Sophie.
— Malheureusement oui, ma puce. Selon des statistiques révisées depuis peu, à cause de critères d’évaluations jugés insatisfaisants par le ministère de l’Histoire officielle, on estime de 72 à 93 % environ les « âmes inférieures » de ces époques. 1 à 3 % étaient des haineux et 3 à 93 % n'avaient pas l'intention de baiser avec les homosexuels.
« Baiser », Gérard ? demanda naïvement Zuzanna.
— Mais c’est quoi un arabe ? répèta Nordine.
— Oui, baiser, et j’y viens tout de suite, ma puce. Dans ces temps-là et encore aujourd’hui, les hommes et les femmes, que les enfants nommaient « père » et « mère », pratiquaient des rituels de plaisirs appelés « baise » ou « nique » et qui servaient aussi à la procréation naturelle. La procréation naturelle constituait l’ancien processus de naissances des humains. Il est rendu obsolète depuis les avancées fulgurantes de la science et de la création, il y a déjà quarante ans, du Centre International de Procréation Génétique d’où vous êtes tous nés, puis loués à l’année à vos tuteurs. Afin que vous compreniez mieux, nous allons visionner deux vidéos différentes. La première est ce que les « anciens », dans le but de se stimuler, appelaient un « film de cul » ou « film de boules » selon des sources divergentes.
— OOUUUAAAHHH, dirent les enfants à l’unisson.
L’instituteur, Mr Gérard Legôcho que je vous présente, abaissa l’écran de projection et se dirigea vers le projecteur à l’autre bout de la salle de classe. Sur le chemin, le petit Nordine lui demanda discrètement :
— Gérard, c’est quoi un arabe ?
— On n’a jamais su réellement, Nordine. On n’a pas d’informations précises issues du ministère du contrôle du savoir. Je sais juste que c’était un des types humains de l’Ancien Monde.
— Moi je sais, Gérard, dit Moshe, mon tuteur est un employé de la Confédération Planétaire de l’Ultralibéralosocialisme Écarlate et m’a déjà parlé d’eux. Ils avaient une peau mat comme toi Nordine et voyageaient sur des hippopotames à deux bosses. Ils avaient interdit toutes formes de religions sous peine de punition qu’ils appelaient « Chatwa ». Il me semble que ce sont eux qui s’étaient spécialisés dans la charcuterie de porc ou alors qu’ils ne mangeaient que du porc, un truc comme ça, je redemanderai à mon tuteur. Il m’a aussi dit qu’ils ne s’appelaient pas vraiment « Arabes » qui était un surnom, mais plutôt « bougnoules » ou « bicots ».
— Ah oui ! Ce sont eux aussi qu’on appelait jadis « bamboula », précisa Mamadou.
Nordine pouffa en entendant la sonorité grotesque de ces mots et se retourna vers le petit Wong-Chan, la tête de Sino-Turc de la classe.
— Bougnoule, bicot, bamboula !
Moshe et Nordine, les deux inséparables, s’esclaffèrent comme des folles.
Habitué, Wong-Chan reçut ses injures avec une indifférence et un flegme taoïstes.
— Il suffit, Nordine, dit l’instituteur, et concentrez-vous sur ces deux vidéos. La première, donc le « film de cul », est une forme de rituel de plaisir. Ce film a été sélectionné par la ministre en personne. Il s’intitule… euh… l’instituteur fouilla dans une des multiples poches de son baggy de marque « Che Style » et en retira un bout de papier, le défroissa, puis lut à haute voix : « l’apocalypse dans ton cul ».
— Gérard, c’est quoi un cul ? demanda Petra.
— Aujourd’hui, c’est l’idole poilue et sacrée, symbole de l’humanosocialisme universaliste, brodée en motif sur le drapeau de la confédération. C’est l’ancien mot pour le fion, Petra.
— Ils avaient un drôle de vocabulaire avant, répliqua Petra.
— Donc, on peut dire que Wong-Chan le bougnoule a un gros cul ! insista Nordine pour le plus grand plaisir de l’ensemble de la classe, qui se manifesta dans une orgie de rires. Excepté Petra, secrètement amoureuse de Wong-Chan, qui éprouva un pincement à son petit cœur d’artichaut.
— Nordine, c’est la dernière fois que je te le répète ! Tu te calmes maintenant ! Ce que tu viens de dire à Wong-Chan, ça s’appelle du racisme et c’est dégueulasse ! Je te conseille d’abandonner ces habitudes immédiatement, Nordine ! Tu sais bien que je n’ai pas le droit de te punir selon les « droits cosmogalactiques de la sainte enfance », mais lorsque tu seras majeur, les milices de sécurité publique « LA HARDE », elles, n’apprécieront pas ce type particulier d’humour. Les crimes discriminatoires sont les seules passibles de la peine de mort par empalement et sans jugement préalable. Compris, Nordine !
— Oui Gérard, bégaya Nordine en baissant les yeux, mais en pensant en son for intérieur « Abruti de bicot ! ».
Gérard Legôcho tenta de se ressaisir tant bien que mal. Ce déversement de négativité était inhabituel, lui qui avait tant suivi la formation spirituelle du parti et ses préceptes de positivité libératrice. Pour se calmer et endiguer la production de radicaux libres, il imagina avec une clarté et une vivacité brusque, le dieu Ultralibéralosocialiste « Trotsmith », puis ses émotions s’apaisèrent laissant place à un calme zenique.
— Concentrez-vous, je commence la projection.
Un lit à baldaquin… un homme musclé et tatoué… une femme aguicheuse en nuisette… un caniche nain et frisé en spectateur… une verge glorieuse… une vulve inondée… deux langues s’entremêlent… une main virile saisit un sein proéminent… un œil de caniche avide… un doigt dominateur farfouille l’antre… de doux gémissements… un regard féminin satisfait… une perforation vaginale… deux râles extatiques… un canidé émoustillé se dresse sur ses deux pattes… un déhanchement rythmé… un corps féminin se crispe et bouge dans tous les sens… t’aimes ça, chienne… défonce-moi, sac à merde… deux cris ultimes… un tintamarre du feu de dieu… une gerbe blanchâtre sur un visage… un caniche qui aboie et danse la gigue.
— Mais c’est dégueulasse, dit Nordine.
— Pourquoi le monsieur barbouille le visage de la dame avec du liquide blanc ? demanda Petra.
— On appelle ça une éjaculation faciale, ma petite Petra. C’est un rituel de clôture de la « nique », répondit l’instituteur.
— Et c’est obligatoire ? dit Petra.
— Oui, ma puce. On peut aussi appeler cet acte symbolique : « envoyer la purée », car ça peut s’avaler si on le désire, signifiant par là, que la femme accepte corps et âme l’offrande gracieuse de l’homme.
Petra se retourna vers Wong-Chan et mima discrètement avec ses deux mains une masse qui asperge son visage, puis quelque chose qu’on boit avec son pouce. Ensuite, elle lui fit le coup du regard de biche en clignant plusieurs fois des paupières.
Mais elle est folle ! C’est immonde ! pensa Wong-Chan.
— Le liquide blanc se nomme du « sperme » ou « liquide séminal » ou encore « foutre ».
— Comme « va te faire foutre », Gérard ? demanda abruptement Nordine.
— Oui exact, Nordine. Cette expression insultante vient de là. Le sperme est un liquide épais et blanchâtre produit par les glandes sexuelles mâles et renfermant les spermatozoïdes.
— Les spermes à taux bizarroïdes ? répèta Moshe.
— Non, les spermatozoïdes, Moshe. En un seul mot. Les spermatozoïdes fécondent l’ovule de la femme, c'est-à-dire se joignent à l’ovule pour permettre la naissance de bébés neuf jours plus tard, si mes souvenirs sont bons. Du moins, c’était ainsi avec l’ancienne méthode de fabrication d’être humain. Aujourd’hui, les spermatozoïdes chez l’homme et l’ovule chez la femme ont été désactivés après la fécondation dans l’utérus artificiel dans le cadre du système actuel de procréation.
— Donc avant, l’homme spermatozoïdait la femme dans la bouche, où se trouve l’ovule, pour faire des bébés. C’est ça, Gérard ? demanda Mamadou.
Gérard Legôcho se gratta la boite crânienne à la recherche de ses vagues souvenirs et parce qu’il n’avait pas l’habitude de trop raisonner, il en conclut rapidement :
— Oui, c’est ça, Mamadou !
OUAAHHHH, fit l’ensemble de la classe.
— La vidéo que vous venez de voir est une « baise » entre hétérosexuels. C'est-à-dire entre personnes de sexes opposés, c'est-à-dire entre un homme et une femme. Mais, les enfants, il existe aussi la possibilité d’une « nique » entre des personnes du même sexe, entre homme et homme ou femme et femme. C’est ce qu’on appelle : l’homosexualité, les enfants. Comme le ministère n’a pas retrouvé de vidéos des « anciens » sur le sujet, il en a confectionné une sous forme de conte, intitulé : « L’Ogre et le petit dépucelé »… regardez bien ce qui suit, les enfants.
Gérard Legôcho appuya sur la touche « Lecture » du projecteur.
Clairière boisée… un homme déguisé en lutin… un caniche nain et frisé en sympathique compagnon… un homme hideux vêtu d’un pagne et armé d’un gourdin surgit d’un buisson… Hum, un farfadet, j’ai faim… Non, pitié, ne me mangez pas, méchant Ogre… Dans ce cas-là, farfadet, plaque tes mains sur ce gros chêne à glands et voute le dos… futal et calefouette du farfadet baissé… (erreur de montage… t’es prêt, Robert ?... Ouais, vas-y cash, Marcel !) perforation anale… un œil de caniche avide… yeux de l’ogre révulsé et intense satisfaction… un canidé émoustillé se dresse sur ses deux pattes… yeux du farfadet injecté de sang et visage torturé… Ogre se retire… une purée envoyée sur le visage du farfadet… un caniche qui aboie et danse la gigue.
— Vous avez des questions, les enfants ?
— Gérard, le lutin avait l’air de souffrir, dit Moshe.
— Mais non, Moshe, ça faisait partie de l’histoire, mais en vérité, et pour avoir plusieurs fois essayé moi-même la « nique » homosexuelle, ça fait beaucoup de bien. On y prend un grand plaisir.
— L’omo… sec… sualité est obligatoire, Gérard ? demanda Mamadou.
— Oui et non, Mamadou. Il est obligatoire d’avoir essayé au moins une fois sous le contrôle d’un huissier. Ensuite, on s’adonne à la pratique de « baise » que l’on souhaite, mais l’homosexualité est vivement recommandée par la confédération. Il existe même un projet de loi rendant l’hétérosexualité illégale qui a de bonnes chances d’aboutir, puisqu’il est soutenu activement par le « Führoncle », notre guide bien-aimé de la confédération, et qu’il est le seul à pouvoir proposer et voter une loi.
La sonnerie de fin de journée retentit.
— Vous pouvez y aller, les enfants. Cependant avant que vous ne partiez, je voudrais rajouter qu’il existe un autre genre de « nique » que l’on appelle : « partouze ». C’est tout simplement de la « baise » entre plusieurs couples, toutes orientations sexuelles confondues. Il faut juste prévoir un karcher pour nettoyer le sperme, les enfants. Mercredi prochain, vous aurez une interrogation mimétique en couple. Couples que je vous laisserai le soin de former vous-même.
À ces mots, Petra se retourna vers Wong-Chan le suppliant du regard et Nordine attrapa la main de Moshe qui acquiesça (quelle belle utopie !), semblant dire : à la vie, à la mort et à la « nique » !.


FIN




mercredi 17 mars 2010

Ce monde burlesque en devenir



Sans oublier :
- les hamburgers hallal de Quick chantant du Raï'N'B
- les godemichets sonores avec des voix masculines chaudes et viriles : hum, t'aimes ça ou tu la sens bien, là !
- Le Coran, la Bible, les Upanishads, la Torah, etc. scénarisées en vidéo holographique
- la télévision à projection holographique et un module qui fera la morale à vos enfants durant votre absence
- Du PQ intelligent qui s'insinuera au plus profond de votre anus pour bien le nettoyer en profondeur, grâce à ses multitudes de robots nanotechnologiques.
- un sèche-corps et un gratte-dos articulé et automatisé dans les douches
- La prostitution légalisée avec affichage des prix sur écran LCD à projection holographique
- vos chiottes qui vous souhaiteront la bienvenue et une bonne journée
- des papiers peints qui changeront de couleurs et de motifs sur demande (sélectionné par Valérie Damidot)
- des robots domestiques qui vous feront le ménage, la cuisine, les courses, du baby-sitting, une bonne branlette, vous raconteront des histoires en vous bordeant, vous laveront les dents, couperont vos ongles, serviront de marche-pieds, éduqueront vos enfants, débattront philosophiquement ou politiquement avec vous, feront office de fleshlight ou d'anus artificiel pour les célibataires, frapperont vos enfants ou votre compagne ou votre chien ou votre voisin ou un inconnu à votre place, vous épileront mesdames, vous épileront messieurs, vous appliqueront vos crèmes de nuit ou de jours, conduiront à votre place et rempliront les constats en cas d'accident, seront condamné à vos procès à votre place et les ingénieurs en robotique travaillent déjà sur un moyen pour que les androïdes meurent à votre place
et plein d'autres réjouissances que vous pourriez faire vous-mêmes...
MAIS SURTOUT PLEINS DE GPS NANOTECHNOLOGIQUES DANS TOUT LES OBJETS ET PLEINS DE SYMPATHIQUES ET INNOFENSIVES CAMERAS !



Mon pire cauchemar, mon cauchemar fondamental, absolu, c'est la vision du futur que propose Bill Gates, un futur où il y aura une caméra à chaque coin de rue et où chaque conversation sera enregistrée. Je préférerais m'enfoncer une fourche dans les yeux
[James Woods]

Qui veut bouffer du cochon identitaire à Quick ?

Lorsque des identitaires désirent se faire bouffer dans des hamburgers, ça donne cela :



Décidemment, la connerie est la fondation principale du militantisme communautaire.

lorsqu’une connerie contraire vient se mêler à une connerie initiale, ça
s'additionne. Ma mémé

Les associations inquisitrices antiracistes ont de beaux jours devant elles.

On est tous fana de Salvador Dali


Salvador Dali
envoyé par le-pere-de-colombe. - Découvrez plus de vidéos créatives.



Conversation entre Salvador Dali et le professeur Henri Laborit

L'impayable Charles Max



Une vidéo volée lâchement à Frömageplus

P.R.O.F.S. réalisé par Patrick Schulmann (1985)

South Park S13 E03 : Margaritaville

South Park S12 E08 : Le problème chinois

Huit pisse-copie en rogne ou huit désinformateurs apeurés ?



Je n’apprendrai à personne que ces interviews croisées de journalistes célèbres diffusées par Arte sont un monumental foutage de gueule.
David Pus-Judas, Philippe Valet, Arlette Cabot, Jean-Pépère Elrabache, Franz Olivier Gerber, Edwy Pénal, Axel Gaz et Éric Otorhino se permutent devant la caméra pour un zoli tour de passe-passe désinformateur et propagandiste. Désinformation sur soi et propagande anti-internet.
Déjà, une chose est flagrante : le ton employé.
On sent que ces marsupiaux ne caillettent pas de façon spontanée, mais qu’ils récitent leurs psaumes. Ce fait est trahi par le ton de la voix, ainsi que les légers mouvements oculaires pour mater le prompteur face à eux.
La première partie consiste à reprendre à leurs comptes les critiques antimédias formulés par ses détracteurs et laisse sous-entendre que ça ne les concerne point. On croirait entendre Zemmour.
« Ces putains de journalistes ce sont les autres, mais pas nous, même si de temps en temps, il peut nous arriver de fauter ».
C’est quoi ce faux mea culpa ?!


Tout ce qui est dit dans cette première partie est essentiellement vrai. La désinformation n’a pas pour but de mentir, mais de changer la perception des choses, du sens, chez la cible. Vérité et/ou mensonge sont applicables selon les cibles et les buts. Ceux qui pensent que les médias mainstream ne sont que bobards et bidonnages font gourance. Souvent la vérité ou une part de la vérité est dite, bien plus efficace que le mensonge, mais le sens en est subverti comme dans le cas présent. Pourquoi ont-ils besoin de désinformer ainsi ? Parcequ’il en va de leur réputation, de leur crédibilité et de l’avenir incertain de leur métier. Et c’est là que nous en venons à la deuxième partie de l’émission : cette salope et chieuse d’Internet !
Que redoutent nos posticheurs ? De devenir muets, inexistants, plus que des ombres silencieuses et fugitives à cause d’internet. La toile offre la possibilité de se passer d’eux et ils le savent. Un nombre exponentiel de téléspectateurs désertent la boite à image pour le réseau des réseaux, parce que séduit par l’interactivité qu’offre le web au contraire de la téloche. Ça craint un max pour nos folliculaires. Hors de question de devenir de simples et vrais journalistes à l’instar d’un Péant, d’un Robert ou d’un Carles. Non, c’est pô possible lorsqu’on est accroc à dispenser les prêchi-prêcha libéraux-libertaire du système. Leur métier n’est pas d’être journaliste, mais des propagandistes et des désinformateurs zélés, des curetons sans bures, sans soutanes, mais avec des putains de chapelets dans la cervelle. Ça doit être jouissif de pouvoir donner son avis sur tout, de parasiter la parole de la plèbe, vu le nombre d’abrutis qui s’y emploient (d'ailleurs, je suis étonné qu’on n’y retrouve pas Paul Amar. Serait-il largué l’Amar ?). Quand feront-ils leur véritable métier ? Celui de faire les poubelles de la société.
J’aimerai bien voir Elrabache fouiner dans les comptes bancaires officieux de Clearstream ou Edwy Pénal enquêter et nous expliquer pourquoi Kouchner est un vil enculé.

Internet leur flanque la trouille. Ils se pissent dessus et sont obligés de porter des couches pour nourrisson. Internet, cette hydre tentaculaire, met en danger leur pouvoir. Là vous pouvez y voir les récurrentes salves antiweb qu’ils nous infligent depuis quelque temps, en prenant le prétexte de l’existence de pratiques marginales nauséabondes. Le fameux rapport du MRAP fait partie de ce processus de mise sous tutelle d’internet. Pornographie, pédophilie, racisme, scatologie, rumeur infondée et acharnement contre des personnalités vont servir à légitimer un HADOPI de la censure, centralisée dans les mains d’une organisation, certainement sous l’égide européenne, fondée dans ce but inavouable. Tous les petits Monsterleaw en puissance qui s’acharnent idéologiquement sur les forums ou les commentaires des sites mainstream, dans un prêt-à-penser fourni par leurs idoles et gourous politique, mais sans culture, sans nuances et sans subtilités, ne viennent que leur servir, à grosse louche, indirectement la soupe. Nos propagandistes officiels vous remercient de leur être si bien serviable. Ils ne craignent pas un forum comme l’Organe, car ils préfèrent que de tels vecteurs de convergences, diarrhées bovines où s’attirent de grosses mouches sales, existent. Ça ne les gène pas tant qu’ils restent confinés entre couilles dans leur chartreuse à se cajoler le petit Jésus et à catharsiser leurs ressentiments. Ce qu’ils ne veulent pas, c’est que les mêmes aillent faire acte de présence de leurs auras sataniques sur des sites très populaires comme dailymotion et You Teub pour y démouler un cake. Pas de remous violents dans le mainstream du web ! On doit s’assurer d’une parfaite stabilité ! L’Organe ou autre doit continuer d’exister, de les aimanter, d'être un camp de concentration pour toute les sales gueules du web, sinon tous ces salopards seraient bien capables d’être aussi chiants dans le monde réel que dans le virtuel.
Personne ne doit parler à la place des Maitres de la non-pensée !



Z comme Zemmour : Comment peut-on être persan au coeur du monde musulman ?


Eric Zemmour sur RTL (11/02/10)
envoyé par rtl-fr. - L'actualité du moment en vidéo.

La Tête de noeud du mois - Yann Moi(x) : Facebook m’a violé

Ci-dessous, la chiure narcissique de Yann Moi(x), agrémentée de mes fulgurances méphistophéliques (en rouge)



Je suis écrivain, je suis réalisateur. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas, c’est ainsi. (Premier constat : la véracité de cette auto-assertion n’a jamais été établie par quelque comité, cercle, club littéraire ou cinématographique que ce soit.) J’écris, je publie, je travaille beaucoup, je réfléchis, j’existe. Je suis un être passionné, parfois emporté, et je travaille actuellement sur plusieurs livres : un essai sur le judaïsme, une biographie de Kafka et un roman sur les Marranes. (deuxième constat : pourquoi Yannou se sent-il obligé de nous allécher par ses futures sorties ? Des problèmes financiers, Yann ? Un film avec un pseudoacteur et pseudohumoriste qui n’aurait pas trouvé écho auprès du public, si j’en crois les si peu 285 391 blaireaux que t’as ratiboisé ? Puis une biographie de Kafka et un essai sur le judaïsme, mais mon dieu, qui aurait pu y penser ?! Demain, je commence une biographie sur Elvis Presley et un essai sur le nazisme. J’espère que je serai pionnier en la matière)
J’avais, il y a quelques jours encore, une page Facebook, comme tout le monde (ah, bon ? Pas moi ! Et j’en connais toute une ribambelle que ça ne fait point bander), car il est spécifié, quand on s’inscrit sur Facebook, que Facebook est ouvert à tout le monde (comme une pute, Yann. Facebook est ouverte comme une pute ou une station-service). Mais Facebook, la société Facebook a décidé de supprimer mon compte, ma page (comme une pute ou une station-service, Yann, Facebook est susceptible de t’envoyer chier (surtout si le service est gratuit). Facebook est privé et non pas un service public, mais Yann ne devait pas être au courant, tout comme ces utilisateurs de Dailymotion qui crient à la censure lorsqu’on les jarte, alors qu’ils ne sont pas chez eux). Sur cette page, il y avait des articles sur Kafka, sur Proust, sur Gombrowicz et sur Miles Davis, sur Stravinsky et sur Sollers. Il y avait des propos polémiques car je suis polémiste. Il y avait des propos sur Polanski car je suis polanskiste (Est-ce une secte à la gloire de sa magnificence Roman Polanski ? Comme j’aime Bruce Lee, dois-je en déduire sur le modèle Moixien que je suis Bruce Leeiste ?) Il y avait une part de moi, de mon univers. Tout ça, ainsi que mes 3 300 amis, a disparu : non seulement c’est ignoble pour mes 3 300 amis, qui ne peuvent plus communiquer avec moi, mais c’est ignoble tout court. (C’est pire que ça, Yann ! C’est inhumain, bestial, sadique, néronien et sanguinaire)

Car pendant qu’on me fait taire, qu’on me sabre, qu’on me supprime, qu’on m’élimine virtuellement, culturellement, intellectuellement, tous les groupes Facebook haineux à mon endroit, eux, perdurent, sont là, consultables, en pleine forme. (Pauvre petite victime injustement bafouée ! Yann Dreyfuss aurait-il oublié qu’il a insulté tout un peuple légitime jusqu’à ses fondements historiques ?) Je suis supprimé, moi, sans avertissement, de Facebook, mais des groupes tels que « Yann Moix, la Suisse t’emmerde ! » ou « Yann Moix, la Suisse t’encule ! » (Que grâce leur soit rendue !), qui appellent à brûler mes livres sur la place publique, appellent à me frapper physiquement ou s’en prennent à mon physique par des injures démentielles, des groupes comme ceux-là, oui, sont consultables. (on ne peut pas virer tout le monde de Facebook, Yann)
Ce n’est plus de la censure : Facebook pratique le délit de sale gueule. Facebook prive un écrivain, un artiste, de parole, de moyen d’expression, de vitrine, au profit de la Meute hurlante, nombreuse, haineuse, dégueulasse. (Là, c’est hôpital qui se fout de la charité. La meute hurlante, tu l’as été tout seul, Yann, avec la Suisse. De plus, Facebook utilise un système de censure par nombre d’avis négatif venant des autres membres. Si un seuil est atteint, on retourne dans le monde réel. Certes, ce procédé n’est pas très jojo, mais Yann Moi a-t-il pris la peine de lire le règlement à son inscription ? Feint-il d’ignorer ce fait ? Signe-t-il ses contrats d’édition sans les passer au crible ?)
Ceci est une lettre ouverte à Facebook : je ne savais pas que, pour perdurer sur ce support, il fallait pratiquer la faute d’orthographe de manière systématique, encourager la haine de la pensée, du pamphlet et de la littérature, et encourager la pratique de la menace de mort et du délit de faciès. Je ne savais pas que Facebook avait la haine des penseurs, des artistes et des intellectuels. (Là, vous avez droit à tout un dégueulis narcissique. Un homme de bon gout ne parle pas de lui de la sorte. Penseurs, artistes, intellectuels : Yann Moi et moi et moi et moi se masturbe-t-il tous les matins devant le miroir en s’émerveillant de la beauté transcendante qu’il lui fait face ? Autre chose, Yann Moi proclame son cas pour une généralité. Yann Moi se sent mandaté au nom de tous ses confrères pour les représenter et devient ainsi le symbole ultime et usité de l’artiste-poète face à une dictature implacable. Pour Yann Moi, Facebook est comparable aux geôles de Pyongyang)
Je demande instamment à Facebook de rétablir ma page, non pas une toute nouvelle page bien vierge qui recommence à zéro, avec mémoire effacée, avec amis détruits, avec articles déchirés : mais la page mêmement même que celle que je possédais il y a deux jours encore. Non pas le jumeau nettoyé de mon mur pestiféré, mais le même mur mêmement même, les mêmes amis semblablement semblables. Je veux retrouver mon profil strictement profilé de la stricte même manière. (Alors là, vous remarquerez le style flamboyant de ce fleuron de la littérature. J’en reste baba d’admiration)
Je suis le premier écrivain au monde éjecté de Facebook. Le premier détruit sur Facebook. Le premier qu’on accepte de livrer aux chiens de la Meute, le premier que Facebook permet de lyncher, d’assassiner (pas de panique : j’ai la peau dure), mais qui, supprimé, rayé, éradiqué, ne peut ni se répondre, ni s’exprimer (appelle ton pote BHL, il pourra t’offrir un espace pour crier ton désespoir. Hein ? Tu l’as déjà fait ?) Je n’ai, sur Facebook, que le droit d’être tué, fustigé, haï (rajoute ça pour faire plus réaliste : décapité ; brulé vif ; dépecé ; jeté dans le gros sel ; passer au lance-flamme ; lame de bambous sous les ongles). Je n’ai plus le droit, sur Facebook, de vivre, de faire partager des vidéos de Frank Zappa ou de Cornell Dupree, de faire découvrir Cziffra à mes amis, ni leur dire ô combien Guitry est un génie. Je ne peux plus donner au moindre ami, sur Facebook, un renseignement sur Rossellini, ni livrer une anecdote sur Fassbinder. (Yann, je viens de recevoir un mail des descendants de ces artistes. Ils te prient de ne pas mêler la mémoire de leurs proches à tes conneries)
Je n’ai que le droit d’être exposé. Sur Facebook, on menace de me torturer (physiquement), on menace de faire un autodafé de mes livres en place publique, on menace de me faire la peau. Sauf que c’est un support sur lequel je suis déjà mort. Réduit au silence. Même les néo-nazis ne connaissent pas ce traitement. (Bienvenue sur internet, Yann, le royaume fantasmagorique et mythomaniaque où tous sont capables des plus grands exploits et actes vertueux ou vicieux)
Je suis le premier artiste français, le premier écrivain du monde à être excommunié d’une société virtuelle ouverte à tout le monde sauf un, ouverte au monde entier sauf à moi. (Là, Yann, tu viens de gicler au moins trois litres de foutre)
Je demande ici, solennellement, aux autorités facebookiennes de rétablir immédiatement mon profil, mes pages, mon mur. Facebook est un trombinoscope : ma trombine n’est pas au goût de Facebook. (Faites-le les mecs, car il connait BHL ! Ah, mais j’oubliais, Facebook, ce n’est pas plus ou moins lié à la CIA ? BHL versus CIA, qui sera le réseau occulte le plus puissant ?)
J’irai jusqu’au bout pour revenir, non par une ruse, non nanti d’un nouveau profil pirate et marrane, d’une crypto-identité, en toute lumière sur ce site démocratique moins un. Ce site pour tous sauf pour Yann Moix. Ce site pour l’humanité entière à une exception près. Ce site universel à un paria près : moi. À une sale gueule près : la mienne. (La vérité sort toujours de la bouche des enfants)
J’ai de la force, de l’énergie, de la conviction, de l’intelligence et des avocats. Le combat commence aujourd’hui. (Attention, il suffit d’un millième de seconde pour que le superhéros Yann Moi revête sa tenue de X-OR grâce au satellite BHL One-Army) Ceux qui voudront me soutenir sont les bienvenus. (Adieu !)
Sur Facebook, “Yann Moix la Suisse t’encule” n’est pas une insulte. En revanche, “Yann Moix” tout court est une insulte. Et la pire au monde. (Non y a pire, Yann, par exemple : Fils de pute, ta mère la salope, dépuceleur de vache, la putain de ta race et ton père en slip à Mykonos. Non, en fait, tu as raison. Yann Moix est la pire des insultes pour un Suisse. Pour un Français, juste une honte)

Le diner du CRIF : goinfrerie, lifting et beaux apparats

Alors que je me rassasiais de mon sauté de veau accompagné de riz et de haricots verts, je me lessivais le cerveau avec le torchon télévisuel et liturgique de treize heures, célébré par David Pus-Judas. Puis vint un court reportage sur le diner du CRIF, dévoilant une suite d’images plus désolantes les unes que les autres.
Ce dîner commémoratif se manifeste sous le signe de l’indécence. Torrent de Champagne Moite & Chaudasse, petits fours créma… avec crèmes onctueuses, robes du soir, costards taillés sur mesure et smokings impeccables dont le coût total est comparable au coût annuel de l’entretien des ruines d’Auschwitz, invités prestigieux affichant de bonnes bouilles enjouées et vieilles bourgeoises surliftées à la ponceuse Bosch. En somme, tout un tas de pique-assiette se goinfrent et se murgent à la santé des sacrifiés juifs de la seconde boucherie mondiale. Il ne manquait plus que les cotillons, un orchestre péruvien et un gâteau d’anniversaire avec soixante-cinq bougies d’où serait sorti Shirel, pendant que sa mère se fait ramoner en double pénétration par Franky Vincent et Aldo Maccione en Afrique, en chantant une version inspirée de « New York, New York », « Tel-Aviv, Tel-Aviv ».
Parce que c’est ça le dîner annuel du CRIF, voyez-vous. Un gueuleton de la haute bourgeoisie sur fond de commémoration festive de la Shoah, de défense de l’image d’Israël et du combat contre l’antisémitisme. On s’en fout plein la panse en pensant à tous ceux qui sont morts dans les camps ou tombés entre les mains charcutières de la Gestapo. C’est comme si on donnait une piécette à un SDF dans le métro, encarté d’un « J’ai faim », pendant qu’on déguste un kebab turc bien gras et surchargé de frites. Une indécence qui ferait même honte à Fouquet (pas le nôtre, mais le cabot de Mazarin et d’Anne d’Autriche).



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Pour ma part, le CRIF et toutes ses organisations semblables entretiennent de manière indirecte l’antisémitisme en France. La grille de lecture girardienne, le désir/rivalité mimétique, s’applique à merveille sur le sujet.
La Shoah, mémoire symbolique, digne successeur en occident du romanichel galiléen sacrifié sur une croix aux environs de l’an 30 après lui-même, est le calife du royaume « souffrance ». Toutefois, un complot sournois se trame dans l’ombre. Le Code Noir, vizir de ce même royaume, veut devenir le calife à la place du calife. Pourquoi ?
Parce que le souverain « Shoah Ier » s’est vautré dans la décadence de la démesure, de l’exagération, du faste sans vergogne et qu’en plus, malheureusement, ça a été efficace du tonnerre de Yahvé. Comme conséquence, le vizir en bave de jalousie et crève d’envie de connaître la même gloire. Lui aussi, il veut ses harems de courtisans, ses dîners annuels où couleraient un vin de palme, où on fumerait une sativa d’Afrique et aussi son gâteau d’anniversaire d’où surgirait Noémie Lenoir en chantant « Kinshasa, Kinshasa ». Je suis certain que ça ne déplairait pas à Dieudonné que Sarkozy lui lèche le trou de balle.

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La Shoah prend le risque en ressuscitant le passé dans le présent, et à le rendre vivant à travers la culpabilité des populations européennes non juives, d’engendrer indirectement une jalousie dangereuse, qui pourrait dans l’absolu et à terme aboutir dans un de ces cauchemars dont le XXème siècle avait le secret.
Ce que le CRIF n’a pas l’air de savoir ou alors s’en branle, c’est que la culpabilité trimballe toujours avec elle son corolaire réactif, le ressentiment. Culpabilité (c’est de ma faute) et ressentiment (c’est de ta faute) ne sont que les recto et verso de la même pièce, frappée par le diable.
Personnellement, je ne me sens point coupable des actes de mes ancêtres proches. D’ailleurs, la plupart n’étaient coupables de rien. Les dénonciations des juifs à la Gestapo ont été marginales, de loin moindres que de planquer des juifs dans sa cave. Personnellement, je n’ai pas l’âme d’un héros. Sous l’occupation allemande, je n’aurais rien fait d’autre que de continuer à vivre ma petite vie de travailleur en faisant comme si rien n’avait changé au fond, et en laissant le soin à ceux qui ont été formés à jouer aux héros, de jouer aux héros.
Personnellement, je n’ai ni dénoncé de juifs à qui que ce soit, ni esclavagisé de noirs, ni scalpé d’apaches, ni construit de murs autour de la Palestine, ni délogé de Palestiniens, je m’amusais juste à génocider les fourmilières quand j’étais poulbot.
Donc, moi, pas coupable votre honneur !

François Fillon devant le CRIF / Le Discours
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En Bonus, la recette du sauté de veau pour cinq personnes :

— 2 poireaux
— 3 carottes
— 1 kg de collier veau
— 1 verre de vin blanc
— 1 cuillère à soupe de fond de veau
— beurre, huile
— sel, poivre

Préparation (n'y voyez aucune métaphore crypto-antisémite):
— Remplir une cocotte d'eau froide et y mettre les morceaux de veau.
— Porter à ébullition et retirer l'écume qui est à la surface.
— Égoutter et laver la cocotte
— Couper les carottes en rondelles assez fines et émincer les poireaux.
— Mettre le beurre et l'huile dans la cocotte et y faire revenir doucement les carottes et les poireaux.
— Verser le vin blanc, délayer le fond de veau avec de l'eau et l'ajouter.
— Mettre les morceaux de viande, salée, poivrée.
— Laisser mijoter une heure.
— - Enlever viande et légumes, réserver dans un plat avec du papier film par dessus pour garder tout chaud
— Ajouter des morceaux de beurre petit à petit en fouettant la sauce.
— Ajouter des champignons cuits à l'avance.

Hieroglyphics - No Nuts

Dressage psychologique et comportemental

Ou comment former de bons petits narcisses. Vanité et caprice pour tout le monde ! Vampire séducteur assoiffé du désir des autres. Profil psychologique du parfait consommateur !
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He's Frêche exciting



Ce que j’apprécie avec Georges Frêche, c’est qu’il a le mérite de dévoiler la réalpolitik avec un cynisme effarant grâce auquel il dispute tranquillement la palme d’or avec Patrick Le Lay. Ce dernier assouplit les cerveaux pour les louer à Caca-Collation et le premier propose de la connerie aux cons pour de gros besoins électoraux.
Grâce à eux, les moins abrutis savent que désormais ils doivent éviter de reluquer TF1 et voter le gros s’ils crèchent dans le Lanquedoc-Roussillon. Mais je sais aussi, et encore grâce à eux, merci les mecs, que je ne dois plus regarder les autres chaînes de la petite lucarne et continuer à ne jamais me soulager dans l’urne à gros jet, comme je l’ai fait en 2007, en 2002 et en 1995.
Les ennemis de la vérité sont moins ceux qui la dévoilent tout en étant de bons escrocs, que ceux qui manipulent le mensonge comme les premiers, mais nous saturent de leurs moralines démagogiques. Le cynisme a le mérite de dire les choses clairement et tant pis pour les ensuqués qui se voilent la face en l’éludant d’un revers de la pensée.
Georges Frêche le claironne sur tous les tons et ne prend pas en traitre ses comices attentifs : « je vais vous faire le cul avec ma grosse quéquette ». Ses ouailles le lui rendent bien à 90 %, car ceux-ci estiment que si on leur ramone le conduit, autant que ça devienne formel et que le travail soit d’orfèvre. Ainsi, si après deux-trois coups, le coït anal ne confirme pas toutes ses belles promesses, les électeurs peuvent toujours se retirer à temps avant la grande giclée.

Chanson en hommage à Georges Frêche par certains de ses votants comblés.





« Pas très catholique »
Peu conforme à la morale, sujet à caution, douteux.

Le mot 'orthodoxe' désigne à la fois :
Ce qui est conforme à une doctrine, aux opinions et aux usages établis ;
Les Églises chrétiennes des différents rites d'Orient. Il est donc amusant de se dire que quelque chose de "pas très orthodoxe" (avec 'orthodoxe' utilisé au premier sens, dans une locution datant du XVIIIe siècle) a pu, par simple plaisanterie sur le deuxième sens, se transformer en une chose pas très catholique.
Mais malheureusement, selon le DHLF (), la deuxième signification de 'orthodoxe' ne date que du XIXe siècle, exactement comme notre expression, sans plus de précisions dans les dates.
Alors laquelle est venue en premier ? Est-ce que l'expression est une variante plaisante de "pas très orthodoxe" ? Ce n'est pas du tout certain.
Et si ce n'est pas le cas, on peut simplement considérer les valeurs morales véhiculées par la religion catholique pour expliquer de manière suffisante l'apparition d'une telle expression avec son sens de "peu conforme à la morale" puis, par extension, avec la signification de 'douteux'.

Maurice : débat sur les sans-papiers

Common Decency


Marianne2, financier occulte du CGB, nous propose une interview de l'homme à l'affect négatif derrière chaque syllabe (concurrent humain de Haarp qui grâce à cette technique est capable de déclencher une impulsion électromagnétique orale et d'en canaliser le flux sur n'importe qui). Alain Finkiki revient sur le concept orwellien de la décence commune.


Quelle est votre perception de cette crise économique…
Cette crise traduit la défaite du laisser-faire, la défaite d’Alan Greenspan. La période ouverte par Margaret Thatcher et Ronald Reagan se ferme sous nos yeux, quelque chose se passe de tout à fait extraordinaire, un grand événement idéologique, la victoire inattendue de la social-démocratie…

La social-démocratie, pensait-on dans les années 1980, est dépassée, le communisme s’effondre, l’heure est à la dérégulation ou plus exactement à l’auto régulation des marchés… Eh bien maintenant, c’est l’inverse : l’État reprend la main redevient un acteur économique à part entière, la régulation s’impose, la social-démocratie l’emporte sur tous les fronts. L’Amérique elle-même, championne du libéralisme à tous crins, nationalise les banques…

Tout le monde est d’accord sur l’échec de l’ultra libéralisme, mais en quoi est-ce, selon vous, pour autant une victoire de la social-démocratie ?
Parce que ce sont maintenant des recettes social-démocrates qui sont appliquées par tout le monde et qui nous ont permis d’échapper au pire… Les gouvernements ont réagi, finalement les classes politiques européennes dans leur ensemble, quelle que soit leur couleur politique de départ, ont été à la hauteur et aujourd’hui, elles essayent d’instaurer, en moralisant le capitalisme comme elles disent, un ordre mondial plutôt social-démocrate.

Cela met évidemment la gauche française, puisqu’elle n’est pas aux affaires, en porte-à-faux : ses recettes triomphent, mais si elle le reconnaît, elle n’a plus rien à faire… elle choisit donc et c’est vraiment dommage, la voie de la surenchère démagogique, que ce soit celle du gauchisme ou d’une espèce de débilité fraternitaire qui n’est pas tout à fait à la mesure de la situation que nous vivons…

Alors, vous faites confiance à ce qui s’est passé au G20, vous avez l’impression que ces mesures-là sont de nature à contenir cette crise ?
Je n’aime pas la réaction qui consiste à désigner les responsables politiques comme les coupables de la crise… Cette crise nous est tombée dessus, ils n’en sont pas les déclencheurs, ils y réagissent… ils y réagissent comme ils peuvent et en faire des coupables c’est les transformer en bouc-émissaires…

Les périodes de crise créent cette régression psychologique : on cherche une victime sacrificielle et en l’occurrence, ce sera le président de la République… Celui-ci a des défauts, personnels sans doute, politiques aussi, mais il est clair que si crise il y a, ce n’est pas sa faute et je crois en effet que la réaction du G20 est appropriée, et nous avons la chance dans ce malheur que le président actuel des États-Unis ne soit plus George Bush mais Barack Obama…

Ce laisser-faire était perceptible dans beaucoup d’autres domaines, et notamment peut-être dans celui qui vous est cher : la culture, l’éducation… Est-ce que vous pensez qu’il y a un rapport entre cette crise et la situation que vous dénoncez souvent ?
Il faudrait réfléchir de manière globale et se dire que la social-démocratie c’est l’instauration de limites. La régulation s’impose- aux existences elles-mêmes, et l’appât du gain ne peut pas nous fournir un idéal moral, ni même constituer le seul fondement de l’économie…

Et si l’on remet en cause le libéralisme économique, il faut être capable également de critiquer cette véhémence avide des individus qui veulent aujourd’hui n’en faire qu’à leur tête et qui avancent comme « une force qui va ».

Cela vaut pour les traders, cela vaut aussi pour les gens accrochés à leur portable qui ne voient pas les autres, cela vaut pour les libres enfants du numérique qui considèrent la prédation comme un nouveau droit de l’homme. Il faut revenir à ce qu’Orwell appelait en effet, la « common decency », « la décence ordinaire », « la décence commune »…



La "common decency" se transmet

Cette décence commune, quelles sont les conditions de son existence ?
Eh bien, il faut d’abord la défendre, il faut l’enseigner cette « common decency », il faut considérer qu’elle n’est pas innée chez les individus, qu’elle doit être transmise et pour qu’elle soit transmise, il faut cesser de faire preuve de complaisance à l’égard d’une jeunesse dont on nous explique que la pétulance, la fougue, le dynamisme sont absolument merveilleux…

Crise il y a parce qu’il devient de plus en plus difficile et même illégitime de vouloir imposer une forme aux êtres humains. Les formes se dissolvent aujourd’hui or, l’éducation, la culture, c’est avant toute chose, l’imposition d’une forme.

Mais si vous dites que la vitalité est en elle-même une valeur, que la jeunesse est un modèle, que son énergie doit être non pas canalisée, mais sans cesse célébrée et encouragée, vous vous privez des conditions même de la transmission élémentaire des formes et de la décence commune… Aux formes ont succédé les flux, c’est pourquoi l’âge des formes doit revenir pour civiliser les flux…

Si on laisse de côté les souffrances que génère cette crise, peut-on dire, comme Yves Montand en son temps : « Vive la crise ! » Vive la crise qui va nous redonner l’idée de faire des formes ?
Non, je ne dirais pas cela… d’abord parce qu’il y a des souffrances, il y a le chômage, il y a la précarité qui se répand : cette crise est épouvantable.

Mais au lieu de réfléchir avec humilité à la nature du problème, on cherche des coupables et on s’enivre de raisonnements binaires, on retombe dans le schéma progressiste, puis gauchiste, de l’unique alternative… Il y a les dominants, il y a les dominés… les dominants toujours coupables même quand ils sont innocents, et les dominés toujours innocents même quand ils sont coupables… La crise demande davantage que ce manichéisme.

J’aimerais bien que vous nous expliquiez comment est-ce qu’on peut arriver à trouver une forme suffisamment puissante pour le monde d’aujourd’hui, sans être une forme autoritaire…D’abord une réponse à une question que vous n’aviez pas posée, mais à une allusion que vous avez faite, je ne me qualifierais pas de libéral, et si je devais me définir, je le ferais en référence à un article de 1978, d’un grand philosophe polonais, un philosophe de la dissidence, Leszek Kolakowski, un homme qui vit aujourd’hui à Oxford, et qui a fait paraître un texte dans « Commentaire » intitulé : « Comment être conservateur-libéral-socialiste ? » Il expliquait qu’à la fin du XXe siècle, on ne pouvait être que les trois ensembles.

Il y avait toutes sortes de raisons d’être conservateur, non pas au sens d’une volonté du maintien du statu quo social, non, mais pour la raison qu’existent des choses à préserver… Si on affirme, par exemple, que pour des raisons utilitaires, il faut en finir avec les cimetières, Kolakowski répond en substance : « non, les cimetières ne sont pas rationnellement explicables, mais humare humanum est » l’inhumation est un invariant de la condition humaine. L’humanité a ses raisons que la raison instrumentale ne connaît pas.

Autrement dit… face à une philosophie des Lumières qui ne tiendrait pas assez compte de la dimension symbolique de l’existence, il faut savoir être conservateur. Libéral aussi, parce que l’initiative privée doit être soutenue, on sait ce qu’il en coûte de la supprimer, le socialisme réel nous l’a prouvé…

Et puis socialiste, parce que l’impôt sur le revenu, n’est pas l’antichambre du goulag, et qu’il importe de compenser, par la redistribution, les inégalités. J’ajoute que l’aspiration au changement est importante, mais que la stabilité du monde doit être également maintenue et préservée, et qu’il y a quelque chose d’absurde à vouloir séparer ces deux aspirations et les opposer comme une droite et une gauche absolument inconciliables…

Vous avez dit que la social-démocratie revient en force, comme un système qui permettrait de canaliser les problèmes engendrés par le laisser-faire, mais cette social-démocratie n’a-t-elle pas déjà échouée en tant que projet politique, en tant qu’elle apporterait une vision, un progrès, une perspective pour les gens…Non, je pense que l’un des avantages de la social-démocratie, c’est qu’elle n’est pas un projet final. Elle n’est pas habitée par l’obsession du définitif… Il s’agit de réformer l’état des choses pour l’améliorer, il ne s’agit pas de conclure… La bêtise consiste à vouloir conclure, disait Flaubert… il n’y a pas que la bêtise, le totalitarisme aussi consiste à vouloir conclure…

La social-démocratie a ce mérite de ne pas vouloir conclure, mais cela étant, quand je dis « social-démocratie », je ne pense pas nécessairement au modèle suédois, ni même au modèle rhénan, je pense simplement à la régulation nécessaire du capitalisme et cette régulation a été contestée dans les années 1980-1990… Alan Greenspan a incarné cette contestation, il l’a poussée très loin, maintenant on revient à des sentiments beaucoup plus justes et beaucoup plus raisonnables.

Cependant, je constate que c’est au moment où la social-démocratie l’emporte dans les faits en Europe que les socialistes français eux-mêmes se détournent de leur propre tradition social-démocrate et j’en veux pour preuve le sort réservé à Michel Rocard… Michel Rocard a abandonné toute responsabilité dans le Parti socialiste, ça n’a ému strictement personne, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur du parti… on s’en fout, on préfère les déclamations d’Arnaud Montebourg…

C’est affreux, la tradition mendésiste disparaît complètement, et elle disparaît dans l’indifférence générale parce que Rocard ce n’était pas seulement la deuxième gauche, c’était le mendésisme, c’était ce qui restait du mendésisme… Et on est dans autre chose, on est dans le « télévangélisme » fraternitaire d’un côté, ou dans la surenchère Besancenot de l’autre… C’est vraiment dommage !

Mais la social-démocratie offrait une perspective politique d’amélioration effectivement du sort de chacun… Aujourd’hui, cette perspective-là n’existe plus. De plus, il y a l’idée que le progrès a échoué malgré tout… Est-ce que cela ne manque pas à la perspective politique d’aujourd’hui ?
Ce qui en effet nourrit l’inquiétude, c’est l’idée que nos enfants seront peut-être moins bien lotis que nous, et cela, c’est un sentiment très neuf…

Au fond, au moment des « Trente glorieuses », l’idée prévalait que les enfants vivraient mieux que leurs parents, auraient plus d’opportunités… maintenant, on n’en est pas sûr, parce que l’économie se durcit avec bien sûr les délocalisations, les effets extrêmement négatifs d’une certaine mondialisation, le dumping social… mais aussi parce que le progrès technique a complètement divorcé du progrès tout court… c’est une situation à laquelle nous n’étions pas du tout préparés.

Dans votre génération comme dans la mienne, il allait de soi de lire. Moi je lisais plus que mes parents parce que mon père qui était propriétaire, avec un frère, d’un atelier de petite maroquinerie n’avait pas fait d’études et ma mère avait dû interrompre les siennes…

Maintenant, avec les nouvelles technologies, dans toutes les classes sociales, la lecture ne va plus de soi, et donc vous avez des parents complètement démunis devant des enfants qui vivent autrement qu’eux, qui ont choisi de s’ébattre sur Internet, de naviguer sur la toile plutôt que de lire, et il faut être complètement idiot – mais cette idiotie est très répandue dans certains milieux intellectuels- pour penser que c’est un progrès, ce n’est évidemment pas un progrès, c’est évidemment exactement le contraire !



Il y a un laisser-faire d’Internet, un laisser-aller des pulsions
Ce qui est peut-être vrai aussi Alain Finkielkraut, c’est que la lecture, les études, les efforts dans ce domaine-là, ne sont plus une garantie précisément d’avancer…

Ils ne l’ont jamais été !…

Quand même, avant, quand on faisait des études, on savait qu’on allait malgré tout trouver une possibilité de gagner sa vie…On savait, quand on faisait des études qu’on allait vraisemblablement trouver un débouché professionnel parce que nous vivions dans une période bénie de prospérité et de plein-emploi… Mais les études, et notamment l’enseignement secondaire, étaient totalement déconnectées de la question de l’emploi, et devraient le demeurer… On ne peut pas dire qu’aujourd’hui les gens vont au lycée pour avoir un emploi, ça n’était pas vrai hier, ce ne peut pas être vrai aujourd’hui, sauf évidemment pour ceux qui sont amenés à choisir l’enseignement professionnel…

Le lycée, c’est le lieu de transmission de la culture générale… Or aujourd’hui on a oublié cette finalité au seul profit d’une finalité utilitaire. Et comme il y a la crise, on dit que le lycée ne remplit plus sa mission et les élèves des zones d’éducation prioritaire se croient fondés à dire : « De toute façon, l’école ne me garantit pas d’emploi, alors pourquoi je me casserais la tête ? Et puis en plus, je préfère de toute façon, l’accès immédiat aux choses »…

Le problème est là, quand je dis qu’Internet n’est pas un progrès, cela vient du fait que justement Internet supprime les médiations. Il y a un laisser-faire d’Internet, un laisser-aller des pulsions : tout ce dont j’ai envie, je peux l’avoir à la seconde, en temps réel. Eh bien non, la culture c’est le contraire du temps réel, c’est le temps différé… Et si en effet, on veut sortir d’une culture du laisser-aller, du laisser-faire, de la pulsion immédiate, alors en effet, il faut redonner toute sa valeur à la médiation, à la culture et à la patience, c’est-à-dire à la longueur du temps.

Et est-ce que vous avez le sentiment qu’à l’occasion de cette crise, une réflexion de cette nature peut surgir ?
Non, non… je pense qu’elle existait antérieurement à la crise et qu’elle va se développer, mais il y aura toujours assez de gens pour vous traiter de réactionnaire quand vous la défendrez… Enfin, si vous voulez, le seul espoir qu’on peut avoir, mais ce n’est pas un espoir…

Rassurez-moi !
Non, non, ce n’est pas un espoir… Je défends justement cette idée d’une médiation nécessaire depuis longtemps, et la médiation de la langue, et de la belle langue. On me dit « mais c’est idiot, la langue vit, il ne faut pas corseter la langue, il ne faut pas l’enfermer, il y a une telle énergie déployée dans l’inventivité verbale du parler banlieue, etc. c’est absolument extraordinaire… Quant à la culture, autant se rapprocher justement de la culture des jeunes, etc. »…

Les mêmes qui me disent cela, entrent en transe quand le président de la République fait des fautes de français !… et quand il en vient à dire du mal de « La Princesse de Clèves », tout d’un coup, ils trouvent à « La Princesse de Clèves », des vertus citoyennes. Ils en font un livre de gauche…

Alors peut-être que grâce aux fautes de français du président de la République et à son antipathie pour le roman du renoncement à l’amour on va ré-enseigner la pratique du bon usage et redonner la place qui lui revient à la littérature classique dans l’enseignement secondaire.

Je dis « peut-être » mais je n’y crois pas un seul instant… Je pense qu’on va mener les deux discours de front : éloge systématique, démagogique, complètement idiot du parler banlieue, et critique ulcérée du parler présidentiel… Il faudrait être capable d’un peu de cohérence, et si cette cohérence surgissait, alors un véritable espoir serait permis…

Cette disparition des formes dont vous parlez, qui est l’une des explications, l’un des signes de cette crise, pourrait durer. Comme si nous n’avions plus les moyens d’en sortir…
Je ne donne pas cher en effet de la vie des formes parce que j’ai l’impression qu’il y a un grand mouvement démocratique, et que si les formes sont aujourd’hui à ce point fragiles, si même elles s’éclipsent, c’est parce qu’elles apparaissent comme une atteinte à la liberté : carcan, convention… et à l’égalité… qu’est-ce que c’est que ce vestige des sociétés hiérarchiques ?

Donc, elles ont les Droits de l’Homme contre elles, ces pauvres formes ! Or je crois qu’une démocratie vivante, c’est une démocratie qui est capable d’être accueillante à autre chose qu’elle-même, à ce qui vient d’ailleurs, et d’avant…

Je pense que la démocratie contemporaine est toujours plus inhospitalière et elle n’est capable de célébrer que ses propres valeurs, alors quand elle s’en prend au laisser-faire, au laisser-aller économique sans prendre acte justement du laisser-faire et du laisser-aller qu’elle laisse se démultiplier dans tous les autres domaines, je trouve que c’est dommage, mais c’est malheureusement dans la nature des choses…

Pensez-vous qu’il y ait un rapport entre l’existence de formes et la possibilité d’accueillir ce qui vient de l’extérieur ?
Absolument. Je pense que l’informe ce n’est pas l’accueil. Et même ce qu’on appelle le métissage ou le multiculturalisme, ce n’est pas l’accueil, c’est la morale même de la société de consommation… qu’y a-t-il de plus métissé, de plus multiculturaliste que le marché lui-même ?

La forme, la limite, c’est ce qui permet aussi d’introduire une distinction entre moi et l’autre… et c’est à partir de cette distinction, une fois conjuré le principe d’interchangeabilité de toutes choses, que l’hospitalité est possible. Pour qu’hospitalité il y ait, il faut que chacun soit dans son rôle, l’hôte et l’hôte, ceui qui reçoit et celui qui est reçu.

Il se passe tout de même sur Internet un certain nombre d’expériences, de rencontres entre des groupes de personnes, notamment en province, qui permettent de redécouvrir quelque chose de l’ordre de la proximité, de l’échange direct… Est-ce que cela vous paraît devoir être mis dans le même sac de l’idéologie précédente ?
Non, peut-être pas, et vous avez raison de me mettre en garde contre une vision trop unilatéralement négative… J’imagine qu’il y aura demain, et il y a peut-être aujourd’hui aussi un bon usage d’Internet… et il y a intérêt puisqu’on ne désinventera pas ces technologies, on ne désinvente rien, on ne désinventera pas le portable, y aura-t-il demain un bon usage du portable ? Peut-être…

À ce moment-là vous en aurez un peut-être ?
Non, mais c’est une décision… J’en ai eu un lorsque j’ai été hospitalisé, mais depuis que je suis sorti de l’hôpital, je n’en ai plus… Je précise que c’est aussi un luxe pour moi parce que j’ai un travail très sédentaire et, si j’avais une autre profession, une profession libérale, je serais peut-être l’esclave de cet objet nomade…

Pour ce qui est d’Internet, il y a ces liens qui peuvent se tisser entre les gens, mais ce que je dénonce c’est le danger de l’immédiateté, et je ne vois pas comment Internet pourra le combattre… le même instrument ne peut pas lutter contre ce qu’il rend possible. Ne nous faisons pas d’illusions : les dégâts moraux et culturels seront absolument terribles…

Sauf si précisément la crise que nous vivons donne lieu à une prise de conscience véritable, si l’on est capable de prendre acte des défauts, et même des tares, du laisser-faire et du laisser-aller, si on se dit que dans tous les domaines, cette tentation doit être domptée, et que dans tous les domaines, une éducation s’impose, alors-là, oui peut-être, mais je ne suis pas sûr qu’on en prenne le chemin…

Il faut retrouver un autre rapport au temps, il faut reconquérir le temps…


Biographie : Alain Finkielkraut est un philosophe français né en 1949. Il est professeur à l'école Polytechnique. Son dernier ouvrage est Un coeur intelligent.

Regards sur la crise, réflexions pour comprendre la crise… et en sortir, ouvrage collectif dirigé par Antoine Mercier avec Alain Badiou, Miguel Benasayag, Rémi Brague, Dany-Robert Dufour, Alain Finkielkraut…, Paris, Éditions Hermann, 2010.

Mr. Nogatco (Kool Keith) - Bionic Fuse

Les catastrophes naturelles n'existent pas !



Scoop de dernière bourre :
L’armée américaine serait en train de procéder, dans la zone 51, à la fabrication d’une bombe révolutionnaire capable d’engendrer une Supernova dans le but d’anéantir l’Iran.
Alex Jones, correspondant du CGB

Serge Brussolo sur Mai 68


Je ne prenais au sérieux ni la Gauche ni la Droite. J’étais très lucide en fait, et en avance sur mon temps. Je ne croyais pas à la révolution et au “bonheur du peuple” prêchés dans les drugstores chics du coin par des fils de la bourgeoisie qui ne nous disaient pas bonjour sous le prétexte que nous étions fils d’ouvrier. Pour moi c’était une farce, une autre sorte de “boum” inventée par des gosses de riches. Mon père était en grève, nous n’avions plus un sou et plus rien à bouffer. Les supermarchés étaient vides, les gens se battaient entre les rayons pour un sac de farine ou un litre de lait. Il faut se rappeler l’hystérie qui s’était emparée de la population. On croyait que la guerre civile allait éclater d’un jour à l’autre. On racontait que De Gaulle allait lancer les blindés sur Paris... Certains juraient avoir vu ces chars d’assaut manœuvrant dans la nuit aux abords de chez nous ! Le PC distribuait des vivres à l’intérieur de la cité dortoir. Un copain de mon père, militant communiste de choc, est venu nous apporter d’office un peu de nourriture parce qu’il savait que mon père aurait honte de se pointer à la distribution, il nous a répété que le PC pouvait nous aider, mais ma mère, que le Communisme terrifiait, ne voulait rien entendre. Bien des années plus tôt, elle avait forcé mon père à déchirer sa carte du Parti. Je n’étais pas sensible à l’illusion générale qui s’était emparée des minets du lycée. Ces gosses faisaient la révolution dans le confort, sous des posters d’un Che Guevara divinisé, en sirotant le Chivas Regal piqué dans le bar de leurs parents, cadres sup’ dans la pub, en fumant des Dunhill qu’ils allumaient avec des briquets Dupont plaqué or. J’avais la haine, comme on dit aujourd’hui... Mon scepticisme était mal vu, on me croyait d'Extrême Droite alors que je mettais justement l'Extrême Droite et L'Extrême Gauche dans le même sac ! C’était une époque où, pour la première fois depuis des générations, les gens se laissaient emporter par leur imagination. On cédait au vertige, et cela n’était pas sans risques ni mirages de toutes sortes. Certains — qui y ont cru — ne s’en sont jamais remis et continuent, trente ans après, à fantasmer sur une soi-disant révolution qui n’a existé que dans leur imagination !

KungFu vs. Yoga



Des doublages VF de tueur, des combats épiques et cocasses, des chinois et un douin yogi qui combat en se déboitant toutes les articulations.
Un nanar époustouflant.

2012 aux Caraïbes

Mon confrère suceur de sang, dans le billet précédent, a magnifiquement mis en relief une hilarante tentative d’entubage, graissé avec une vaseline périmée, envers des mecs qui se sont cimenté l’anus depuis belle lurette. Malheureusement, ce ne sont pas les seules.
Certainement pétri des plus louables intentions, des vampires narcissiques tels que George Cloonesque, Brad Pitt Bull et Angelina Joli après bistouri, n’ont pas mis longtemps à faire parler d’eux.
En aucun cas, Haïti n’a besoin de ces fils de salopes, de ces dégueulis humanoïdes. Leur entreprise médiatique n’est qu’une glorification d’eux-mêmes, inutile puisque l’opinion publique mondiale était déjà mobilisée bien avant que leur inconscient égotique, ce moi vermineux et idéalisé en une bienveillance postiche et vaniteuse, se mette en branle au sens propre comme au figuré. Bref, rien de nouveau sous le soleil de Satan.


George Cloonesque est super content à l'idée d'aider les Haïtiens


Un autre danger est que les subsides accordés par les Nations unies finissent dans les poches des entreprises étrangères via la reconstruction. L'idéal serait que cet argent, en dehors de toutes nécessités matérielles (hôpitaux, médicaments, dortoirs aménagés, nourritures, eaux potables, vêtements, sécurité et déblaiements des ruines), finance en premier lieu la reconstruction des entreprises locales, et illico presto, afin qu’elles rebâtissent elles-mêmes l’état insulaire, ce qui pourrait améliorer nettement leur condition de pauvreté initiale. Mais j'en doute ! Les vautours sont déjà sur place et ont de quoi se repaitre grassement.
Gageons que la maman mondiale s’occupera de tout et leur donnera du poisson avarié en les empêchant de pêcher.
Il n’y a que le secours catholique qui souligne la nécessité de soutenir l’économie locale et compte s’y employer :
« L'essentiel des produits de première nécessité (aide alimentaire, produits d'hygiène, médicaments...) et matériaux nécessaires seront achetés dans la région afin de limiter les coûts de transport et stockage et soutenir l'économie locale fragilisée par cette catastrophe. »
Aucune autre déclaration de ce type à ma connaissance en ce qui concerne les autres ONG (et pourtant j’ai cherché).
Une information qui m’a surpris concerne la multiplicité des organisations humanitaires qui lors d’une apocalypse survenue dans n’importe quel site du monde accroit la confusion ambiante. La plupart y vont de leur zèle et tentent de s’extraire de la logistique cruciale des Nations Unies. Existerait-il une sorte de compétition inavouable entre les ONG ?
Je serais d’avis qu’on dégage les ONG du théâtre des opérations et qu’on laisse faire les différentes entités militaires étrangères sous l’égide onusienne, en espérant que les vœux du secours catholique sur le soutien de l’économie locale et régionale soient entendus.

Au final, Haïti aura subi plusieurs séismes :
- un tremblement de terre.
- un vampirisme narcissique de célébrités chaubisous ou politiques se magnifiant dans un humanisme abstrait, risible et inepte. (voir Kouchner surjouer un désarroi affecté chez Pujadas était vomitif)
- Une grande probabilité d’un parasitisme de l'économie locale et régionale au profit de l'économie externe, vu le silence généralisé sur la question (excepté le secours catholique).
- La récupération idéologique de ces putois de conspirationnistes, qui n’ont pas perdu de temps sur la toile, nous déclamant que l’on doit y voir le spectre du projet HAARP.
- La société du spectacle, agence de relation publique du système avec pour seul et unique client le système, nous offrant une dégoutante brochette d’images pour nous « mobiliser » (mais surtout pour nous culpabiliser et nous démoraliser), alors que dans un même temps elle flatte notre narcissisme et nos égoïsmes.
- Un tournoi humanitaire pour décrocher la palme de l’ONG « la pluS efficace, la pluS mieux, la pluS bien, la pluS bath du supermonde paradisiaque »

Espérons que dans tout ce marasme, Haïti reprenne pied le plus vite possible.

Louis-Ferdinand Céline : Hommage à Zola


Louis-Ferdinand Céline
Hommage à Zola



Cédant aux instances d'un ami très cher, L. F. Céline fit en 1933 un discours public, le seul de sa carrière littéraire. C'était à Médan, un jour d'été. On demandait à l'auteur du Voyage au bout de la nuit de rendre hommage à Zola.
L.-F. Céline, en définissant l’œuvre de l'écrivain naturaliste, dépeignait l'époque où elle fut écrite, et cela l'amena à parler de la condition de l'écrivain d'après guerre. Ces pages, en quelque sorte un commentaire avant la lettre de Mort à crédit furent publiées en 1936 par Robert Denoël dans sa plaquette "Apologie de Mort à crédit."



Les hommes sont des mystiques de la mort dont il faut se méfier. En pensant à Zola nous demeurons un peu gêné devant son oeuvre, il est trop près de nous encore pour que nous le jugions bien, je veux dire dans ses intentions.
Il nous parle de choses qui nous sont familières... Il nous serait bien agréable qu'elles aient un peu changé.
Qu'on nous permette un petit souvenir personnel. A l'Exposition de 1900, nous étions encore bien jeune, mais nous avons gardé le souvenir quand même bien vivace, que c'était une énorme brutalité. Des pieds surtout, des pieds partout et des poussières en nuages si épais qu'on pouvait les toucher. Des gens interminables défilant, pilonnant, écrasant l'Exposition, et puis ce trottoir roulant qui grinçait jusqu'à la galerie des machines, pleine, pour la première fois de métaux en torture, de menaces colossales, de catastrophes en suspens. La vie moderne commençait.

Depuis on n'a pas fait mieux. Depuis l'Assommoir non plus on n'a pas fait mieux.
Les choses en sont restées là avec quelques variantes. Avait-il, Zola, travaillé trop bien pour ses successeurs ? Ou bien les nouveaux venus ont-ils eu peur du naturalisme ? Peut-être...
Aujourd'hui, le naturalisme de Zola, avec les moyens que nous possédons pour nous renseigner, devient presque impossible. On ne sortirait pas de prison si on racontait la vie telle qu'on la sait, à commencer par la sienne. Je veux dire telle qu'on la comprend depuis une vingtaine d'années. Il fallait à Zola déjà quelque héroïsme pour montrer aux hommes de son temps quelques gais tableaux de la réalité. La réalité d'aujourd'hui ne serait permise à personne. A nous donc les symboles et les rêves ! Tous les transferts que la loi n'atteint pas, n'atteint pas encore ! Car enfin c'est dans les symboles et les rêves que nous passons les neuf dixièmes de notre vie, puisque les neuf dixièmes de l'existence, c'est-à-dire du plaisir vivant, nous sont inconnus ou interdits.
Ils seront bien traqués aussi, les rêves, un jour ou l'autre. C'est une dictature qui nous est due.
La position de l'homme au milieu de son fatras de lois, de coutumes, de désirs, d'instincts noués, refoulés, est devenue si périlleuse, si artificielle, si arbitraire, si tragique et si grotesque en même temps, que jamais la littérature ne fut si facile à concevoir qu'à présent, mais aussi plus difficile à supporter. Nous sommes environnés de pays entiers d'abrutis anaphylactiques, le moindre choc les précipite dans des convulsions meurtrières à n'en plus finir.
Nous voici parvenus au but de vingt siècles de haute civilisation et cependant aucun régime ne résisterait à deux mois de vérité. Je veux dire la société marxiste aussi bien que nos sociétés bourgeoises et fascistes.
L'homme ne peut persister en effet dans aucune de ces formes sociales, entièrement brutales, toutes masochistes, sans la violence d'un mensonge permanent et de plus en plus massif, répété frénétique "totalitaire" comme on l'intitule.
Privées de cette contrainte, elles s'écrouleraient dans la pire anarchie, nos sociétés. Hitler n'est pas le dernier mot, nous verrons plus épileptique encore, ici peut-être. Le naturalisme dans ces conditions, qu'il le veuille ou non, devient politique. On l'abat. Heureux ceux que gouvernèrent le cheval de Caligula.
Les gueulements dictatoriaux vont partout à présent à la rencontre des hantés alimentaires innombrables, de la monotonie des tâches quotidiennes, de l'alcool, des myriades refoulées, tout cela plâtre dans un immense narcissisme sadico‑masochiste toute issue de recherches, d'expériences et de sincérité sociale. On me parle beaucoup de jeunesse, le mal est plus profond que la jeunesse ! Je ne vois en fait de jeunesse qu'une mobilisation d'ardeurs apéritives, sportives, automobiles, spectaculaires, mais rien de neuf. Les jeunes, pour les idées au moins, demeurent en grande majorité à la traîne des R A.T. bavards, filoneux, homicides. A ce propos, pour demeurer équitables, notons que la jeunesse n'existe pas au sens romantique que nous prêtons encore à ce mot. Dès l'âge de dix ans, le destin de l'homme me semble à peu près fixé, dans ses ressorts émotifs tout au moins, après ce temps nous n'existons plus que par d'insipides redites, de moins en moins sincères de plus en plus théâtrales.
Peut-être, après tout, les "civilisations" subissent-elles le même sort ? La nôtre semble bien coincée dans une incurable psychose guerrière. Nous ne vivons plus que pour ce genre de redites destructrices. Quand nous observons de quels préjugés rancis, de quelles fariboles pourries peut se repaître le fanatisme absolu de millions d'individus prétendus évolués, instruits dans les meilleures écoles d'Europe, nous sommes autorisés, certes, à nous demander si l'instinct de mort chez l'Homme, dans ces sociétés, ne domine pas déjà définitivement l'instinct de vie. Allemands, Français, Chinois, Valaques... Dictatures ou pas !
Rien que des prétextes à jouer à la mort.
Je veux bien qu'on peut tout expliquer par les réactions malignes de défense du capitalisme ou l'extrême misère. Mais les choses ne sont pas si simples ni aussi pondérables. Ni la misère profonde, ni l'accablement policier ne justifient ces ruées en masse vers les nationalismes extrêmes, agressifs, extatiques de pays entiers. On peut expliquer certes ainsi les choses aux fidèles, tout convaincus d'avance, les mêmes auxquels on expliquait il y a douze mois encore l'avènement imminent, infaillible, du communisme en Allemagne. Mais le goût des guerres e! des massacres ne saurait avoir pour origine essentielle l'appétit de conquête, de pouvoir et de bénéfices des classes dirigeantes. On a tout dit, exposé, dans ce dossier, sans dégoûter personne. Le sadisme unanime actuel procède avant tout d'un désir de néant profondément installé dans l'Homme et surtout dans la masse des hommes, une sorte d'impatience amoureuse, à peu près irrésistible, unanime, pour la mort. Avec des coquetteries, bien sûr, mille dénégations, mais le tropisme est là, et d'autant plus puissant qu'il est parfaitement secret et silencieux.
Or, les gouvernements ont pris la longue habitude de leurs peuples sinistres, ils leur sont bien adaptés. Ils redoutent, dans leur psychologie, tout changement. Ils ne veulent connaître que le pantin, l'assassin sur commande, la victime sur mesure. Libéraux, marxistes, fascistes ne sont d'accord que sur un seul point : des soldats !... Et rien de plus et rien de moins. Ils ne sauraient que faire en vérité de peuples absolument pacifiques.
Si nos maîtres sont parvenus à cette tacite entente pratique c'est peut-être qu'après tout l'âme de l'Homme s'est définitivement cristallisée sous cette forme suicidaire.
On peut obtenir tout d'un animal par la douceur et la raison, tandis que les grands enthousiasmes de masses, les frénésies durables des foules sont presque toujours stimulés, provoqués, entretenus par la bêtise et la brutalité. Zola n'avait point à envisager les mêmes problèmes sociaux dans son oeuvre, surtout présentés sous cette forme despotique. La foi scientifique, alors bien nouvelle, fit penser aux écrivains de son époque à une certaine foi sociale, à une raison d'être "optimiste". Zola croyait à la vertu, il pensait à faire horreur au coupable mais non à le désespérer. Nous savons aujourd'hui que la victime en redemande toujours du martyre et davantage. Avons-nous encore sans niaiserie le droit de faire figurer dans nos écrits une providence quelconque ? Il faudrait avoir la foi robuste. Tout devient plus tragique et plus irrémédiable à mesure qu'on pénètre davantage dans le Destin de l'Homme, qu'on cesse de l'imaginer pour le vivre tel qu'il est réellement... On le découvre. On ne veut pas encore l'avouer. Si notre musique tourne au tragique, c'est qu'elle a ses raisons. Les mots d'aujourd'hui comme notre musique vont plus loin qu'au temps de Zola. Nous travaillons à présent par la sensibilité et non plus par l'analyse, en somme "du dedans". Nos mots vont jusqu'aux instincts et les touchent parfois, mais en même temps, nous avons appris que là s'arrêtait, et pour toujours, notre pouvoir.
Notre Coupeau à nous ne boit plus tout à fait autant que le premier. Il a reçu de l'instruction... Il délire bien davantage. Son delirium est un bureau standard avec treize téléphones. Il donne ses ordres au monde. Il n'aime pas les dames. Il est brave aussi. On le décore à tour de bras. Dans le jeu de l'Homme, l'Instinct de mort, l'Instinct silencieux est décidément bien placé, peut-être à côté de l'égoïsme. Il tient la place du zéro dans la roulette. Le Casino gagne toujours. La mort aussi. La loi des grands nombres travaille pour elle. C'est une loi sans défaut. Tout ce que nous entreprenons, d'une manière ou d'une autre, très tôt, vient buter contre elle et tourne à la haine, au sinistre, au ridicule. Il faudrait être doué d'une manière bien bizarre pour parler d'autre chose que de mort en des temps où sur terre, sur les eaux, dans les airs, au présent, dans l'avenir, il n'est question que de cela. Je sais qu'on peut encore aller danser musette au cimetière et parler d'amour aux abattoirs, l'auteur comique garde ses chances, mais c'est un pis aller.
Quand nous serons devenus moraux tout à fait au sens où nos civilisations l'entendent et le désirent et bientôt l'exigeront, je crois que nous finirons par éclater tout à fait aussi de méchanceté. On ne nous aura laissé pour nous distraire que l'instinct de destruction. C'est lui qu'on cultive dès l'école et qu'on entretient tout au long de ce qu'on intitule encore : la vie. Neuf lignes de crimes, une d'ennui. Nous périrons tous en chœur, avec plaisir en somme, dans un monde que nous aurons mis cinquante siècles à barbeler de contraintes et d'angoisses.
Il n'est peut-être que temps en somme de rendre un suprême hommage à Émile Zola à la veille d'une immense déroute, une autre. Il n'est plus question de l'imiter ou de le suivre. Nous n'avons évidemment ni le don, ni la force, ni la foi qui créent les grands mouvements d'âme. Aurait-il de son côté la force de nous juger ? Nous avons appris sur les âmes, depuis qu'il est parti, de drôles de choses.La rue des Hommes est à sens unique, la mort tient tous les cafés, c'est la belote "au sang" qui nous attire et nous garde.
L’œuvre de Zola ressemble pour nous par certains côtés à l’œuvre de Pasteur si solide, si vivante encore, en deux ou trois points essentiels. Chez ces deux hommes, transposés, nous retrouvons la même technique méticuleuse de création, le même souci de probité expérimentale et surtout le même formidable pouvoir de démonstration chez Zola devenu épique. Ce serait beaucoup trop pour notre époque. Il fallait beaucoup de libéralisme pour supporter l'affaire Dreyfus.
Nous sommes loin de ces temps, malgré tout, académiques.Selon certaines traditions, je devrais peut-être terminer mon petit travail sur un ton de bonne volonté, d'optimisme malgré tout... Or que devons-nous espérer du naturalisme dans les conditions où nous nous trouvons ? Tout et Rien. Plutôt rien, car les conflits spirituels agacent de trop près la masse de nos jours pour être tolérés longtemps. Le Doute est en train de disparaître de ce monde.
On le tue en même temps que les hommes qui doutent. C'est plus sûr.
"Quand j'entends seulement prononcer autour de moi le mot Esprit, je crache !" nous prévenait un dictateur récent et pour cela même adulé. On se demande ce qu'il peut faire ce sous-gorille quand on lui parle du naturalisme ?
Depuis Zola, le cauchemar qui entourait l'homme non seulement s'est précisé, mais il est devenu officiel. A mesure que nos "Dieux" deviennent plus puissants ils deviennent aussi plus féroces, plus jaloux et plus bêtes... Ils s'organisent. Que leur dire ? On ne se comprend plus...
L'École naturaliste aura fait tout son devoir, je crois, au moment où on
l'interdira dans tous les pays du monde.
C'était son destin.




L.F. Céline